Final Fantasy VII est un monument du jeu vidéo. Il fait partie de ces titres que tout joueur devrait avoir fait dans sa vie… et donc, naturellement, je ne l’ai jamais fait ! J’ai commencé mon aventure sur la licence (et les RPG en général) avec FF VIII, lorsque j’avais une dizaine d’années. On s’était alors cotisé avec un ami (coucou Guillaume, si tu passes un jour par ici !) pour acheter le jeu en commun. Il était alors composé de 4 disques, et on se les passait au fur et à mesure de notre progression. Comment ça, je raconte ma vie et ça n’a rien à voir ?
FF VII, c’est donc ce monument que je n’ai jamais fait et qui, petit à petit, est devenu un peu trop vieux pour que je parvienne à l’apprécier comme il le mérite. Lorsqu’un remake du titre a été annoncé il y a quelques années, je l’ai donc accueilli avec joie. Et là encore, j’ai finalement esquivé le jeu, préférant tenter d’être un bon père plutôt que de me perdre dans Midgard. Comment ça, je continue à déblatérer au lieu de plonger dans le vif du sujet ?
Aujourd’hui, 29 ans après la sortie du jeu original (la vache, le coup de vieux), c’est sur Switch 2 que je me glisse enfin dans la peau de Cloud Strife, avec la sortie de Final Fantasy VII Remake Intergrade sur la dernière née de chez Nintendo. Une version boostée par rapport à la sortie initiale sur PS4, qui propose des graphismes améliorés, des performances personnalisées, un mode Photo, mais aussi le contenu additionnel baptisé FF7R EPISODE INTERmission (je vous en parle plus tard !).
Alors, c’est joli Midgard ?
Visuellement, le choc est réel. (Re)découvrir Midgar avec ce niveau de détail, cette mise en scène et cette direction artistique aussi marquée, c’est clairement l’un des grands plaisirs de ce remake. Les quartiers que j’avais en tête de façon parfois très floue prennent ici une ampleur folle : les ruelles crasseuses, les plaques métalliques au-dessus de nos têtes, les jeux de lumière constants entre néons, ombres et éclairages industriels donnent une identité très forte à chaque zone. Je n’ai pas eu la chance de parcourir en détail le jeu initial, mais ça doit être un pied incroyable de se balader dans un monde découvert durant son enfance mais avec la technologie d’aujourd’hui !
Le travail sur les personnages est tout aussi impressionnant. Cloud, Tifa, Barret ou Aerith gagnent énormément en expressivité, aussi bien dans les cinématiques que lors des phases plus calmes. Les animations faciales, les petits gestes du quotidien et la mise en scène des dialogues renforcent l’attachement qu’on peut avoir pour eux. À l’inverse, certains antagonistes comme Rochey ou Heidegger m’ont parfois paru un peu trop caricaturaux, presque à la limite du ridicule, ce qui tranche avec le ton parfois très sérieux du reste de l’aventure. Un déséquilibre qui ne gâche pas l’expérience, mais qui m’a fait tiquer à plusieurs reprises.
Côté gameplay, j’ai mis un peu de temps à vraiment m’adapter au système de combat. Le mélange entre action en temps réel et commandes tactiques demande un certain apprentissage, surtout quand on vient d’un JRPG plus classique (ou qu’un titre comme Clair Obscur Expedition 33 a réussi à dépoussiérer le tour par tour). Mais une fois les mécaniques assimilées, difficile de ne pas prendre du plaisir. Les combats sont dynamiques, lisibles (la plupart du temps), et surtout très satisfaisants quand on commence à bien exploiter les compétences de chaque personnage et les faiblesses ennemies. J’ai clairement senti une montée en puissance au fil des chapitres, et c’est exactement ce que j’attendais.
Sur Switch 2, un portage étonnamment solide
Je dois aussi prendre le temps de saluer la qualité du portage sur Switch 2, qui m’a franchement bluffé. Que ce soit en mode portable ou en docké, le jeu s’en sort remarquablement bien. En portable, l’image reste nette, fluide, et surtout très agréable à l’œil, sans cette sensation de compromis visuel que l’on retrouve parfois sur des portages ambitieux. Les environnements conservent leur richesse, les effets de lumière sont bien présents et les combats restent parfaitement lisibles, même sur un écran plus petit.
En docké, le constat est tout aussi positif. Le jeu gagne évidemment en confort visuel, avec une meilleure lisibilité globale et une stabilité très appréciable. Je n’ai pas relevé de chutes de framerate gênantes ni de problèmes techniques majeurs, ce qui est assez impressionnant pour un titre de cette envergure. Square Enix a clairement soigné cette version, et on sent que la Switch 2 n’a pas été traitée comme une plateforme secondaire. Résultat : on peut enfin profiter de Final Fantasy VII Remake Intergrade dans d’excellentes conditions, où que l’on soit.
INTERmission : une escapade rafraîchissante
L’épisode INTERmission, centré sur Yuffie, est une excellente surprise. Déjà parce qu’il permet de découvrir un personnage emblématique de la licence sous un nouveau jour, mais aussi parce qu’il apporte une vraie bouffée d’air frais au gameplay. Les mécaniques spécifiques à Yuffie, plus rapides, plus acrobatiques, offrent une approche différente des combats et renouvellent efficacement les sensations.
Narrativement, cet épisode s’intègre plutôt bien à l’univers du remake, même s’il reste clairement optionnel. Il développe certains éléments de l’intrigue et apporte un peu plus de contexte à ce qui se trame dans l’ombre de Midgar. Ce n’est pas indispensable pour comprendre l’histoire principale, mais c’est suffisamment bien écrit et rythmé pour donner envie d’aller jusqu’au bout. Une extension courte, mais bien pensée, qui complète intelligemment l’expérience globale.
Conclusion
Avec Final Fantasy VII Remake Intergrade, j’ai enfin pu découvrir Midgar comme je l’avais toujours imaginée, mais avec les moyens techniques et narratifs d’aujourd’hui. Tout n’est pas parfait, certains choix de mise en scène ou de ton peuvent diviser, et le découpage en épisodes reste discutable. Mais difficile de nier l’ambition et le soin apportés à ce remake.
Sur Switch 2, l’expérience est d’autant plus agréable que le portage est une vraie réussite. Pouvoir plonger dans un tel monument du jeu vidéo aussi bien en portable qu’en docké, sans frustration technique, c’est un vrai luxe. Que l’on soit fan de la première heure ou simple curieux, cette version mérite clairement le détour. Pour ma part, j’ai pris un immense plaisir à plonger enfin dans cet univers, et j’ai maintenant encore plus hâte de découvrir la suite, qui débarquera un peu plus tard cette année sur Switch 2 !
