TEST – RIDE 6, ou l’apprentissage de l’humilité (j’ai mal)

TEST – RIDE 6, ou l’apprentissage de l’humilité (j’ai mal)

Je vais être honnête dès le départ : je ne suis pas bon aux jeux de course. Pas “moyen”. Pas “ça dépend”. Non. Globalement, si un jeu implique de freiner au bon moment et de prendre une trajectoire propre, je suis statistiquement du mauvais côté de la barrière. Alors forcément, lancer Ride 6 sur PS5, c’était déjà un petit défi personnel.

Et pourtant, j’y suis allé. Casque virtuel vissé sur la tête, ego encore intact.

Première claque : le contenu. Le garage est gigantesque. Des centaines de motos, de toutes les catégories imaginables, des sportives agressives, des trails plus sages, des machines lourdes, des fusées sur deux roues. On sent immédiatement que Milestone veut faire de Ride 6 la grande encyclopédie de la moto vidéoludique. Et ça fonctionne. Juste parcourir la sélection donne envie de tout essayer, même si, dans mon cas, “tout essayer” signifie souvent “tomber avec style”.

Le mode Ride Fest structure la carrière autour d’un festival mondial où tu choisis tes épreuves et ton chemin. C’est plus libre, plus moderne dans l’approche. Ce n’est pas une révolution totale, mais ça donne un vrai sentiment de progression. Tu avances, tu débloques, tu testes, tu t’acharnes. Et parfois, tu recommences parce que tu as encore freiné trois mètres trop tard. (Oui, ça sent le vécu.)

Puis vient le choix qui fait mal : Arcade ou Pro.

Le mode Arcade, c’est un peu ma zone de confort. La moto est plus tolérante, les erreurs moins punitives. Je peux faire semblant de maîtriser. Je peux sortir d’un virage sans que tout parte en vrille au moindre excès d’optimisme. C’est fun, immédiat, gratifiant.

Le mode Pro, en revanche… c’est une autre histoire. Pour les vrais amateurs de simulation, c’est là que le jeu prend toute sa dimension. La physique devient exigeante, l’inertie compte, le transfert de poids se ressent. Chaque virage demande de l’anticipation. Chaque freinage mal dosé te rappelle que la gravité existe. Pour moi, le mode Pro, c’est une épreuve initiatique. Une sorte de stage intensif en humilité. Tu penses avoir compris. Tu n’as rien compris. Tu penses maîtriser. La moto te rappelle que non.

Et le pire, c’est que j’ai aimé ça.

Parce que quand ça passe, quand tu enchaînes enfin deux virages propres sans transformer la course en rodéo incontrôlé, la satisfaction est immense. Là où un jeu plus arcade te récompense facilement, Ride 6 en mode Pro te fait mériter chaque progrès. Et même en étant objectivement mauvais, j’ai senti que je m’améliorais. Lentement. Très lentement. Mais quand même.

Techniquement, la version PS5 est solide. Les motos sont superbes, les environnements détaillés, la fluidité stable. Rien d’extravagant, mais tout est propre et efficace. Ça ne distrait pas, ça sert le pilotage.

Bien sûr, tout n’est pas parfait. L’IA peut parfois se montrer un peu agressive ou incohérente, et certains éléments donnent une impression de continuité plus que de révolution par rapport aux anciens épisodes. Mais l’ensemble reste cohérent, riche, généreux.

Ride 6 ne cherche pas à séduire à tout prix. Il assume son amour de la moto, sa profondeur, son exigence. Et même pour quelqu’un comme moi, qui considère chaque chicane comme une épreuve psychologique, il réussit à être accrocheur.

Je ne suis toujours pas bon aux jeux de course. Mais grâce à Ride 6, je suis peut-être un tout petit peu moins catastrophique. Et dans mon cas, c’est déjà une victoire.

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