Il y a des jeux qui n’ont pas besoin de trois heures pour expliquer ce qu’ils veulent être. NBA The Run fait clairement partie de cette catégorie. On lance une partie, on choisit trois stars, on débarque sur un terrain de streetball, et en quelques secondes, les dunks claquent, les contres volent et les tirs à trois points partent d’à peu près n’importe où, parfois depuis l’autre bout de la ville. Le jeu veut réveiller le souvenir de NBA Street, mais avec les stars actuelles de la ligue et une approche très moderne, centrée sur le jeu en ligne.
Visuellement, la première impression est franchement bonne. Le style cell shading fonctionne très bien, avec une vraie personnalité graphique, des joueurs immédiatement reconnaissables et des terrains qui donnent envie de rester quelques matchs. NBA The Run a une gueule, et c’est déjà beaucoup dans un genre qui vit autant par son énergie que par ses mécaniques. Le souci, c’est que cette bonne impression est vite freinée par des animations beaucoup trop saccadées à mon goût. Tout manque un peu de fluidité, de liant, de souplesse. On sent presque que le budget est parti dans l’achat des licences NBA plutôt que dans le salaire des animateurs, et c’est dommage, parce qu’avec un rendu plus propre en mouvement, le jeu aurait probablement gagné beaucoup en impact.
Des stars, du fun immédiat… et un tour du terrain assez rapide
Le roster est limité, mais plutôt plaisant. NBA The Run propose 32 joueurs NBA au lancement, avec des noms qui parlent immédiatement : Victor Wembanyama, LeBron James, Stephen Curry, Shai Gilgeous-Alexander, Kevin Durant, Luka Dončić, Nikola Jokić, Giannis Antetokounmpo ou encore Anthony Edwards. Cinq streetball legends viennent compléter l’ensemble, ce qui porte le total à 37 personnages jouables. Certains joueurs disposent aussi de variantes issues d’autres périodes de leur carrière, comme LeBron rookie, Curry 2009 ou Durant 2007, avec des compétences différentes. Ce n’est pas énorme, surtout quand on compare à la profondeur habituelle des jeux NBA, mais pour un jeu arcade en 3v3, la sélection fait le boulot. On prend vite plaisir à composer son trio de superstars et à voir les différences de profils entre shooteurs, gros défenseurs et monstres physiques.
Manette en main, NBA The Run est immédiatement accessible. On retrouve les classiques du basket arcade : shoot, passe, contre, interception, dunk, alley-oop, mouvements spéciaux et grosses actions bien spectaculaires. Le jeu ne cherche pas la simulation, et c’est très bien comme ça. Il veut aller vite, faire briller les stars et offrir des actions généreuses. Sur les premières parties, ça marche. On comprend rapidement ce qu’on fait, on marque des paniers improbables, on se marre sur une grosse bâche ou un tir ridicule qui rentre malgré toute logique humaine.
Mais après quelques matchs, une impression revient assez vite : celle d’avoir déjà vu l’essentiel. Le cœur de gameplay est efficace, mais il semble manquer de profondeur pour donner envie d’enchaîner pendant des heures. Les matchs se ressemblent un peu trop, les situations tournent rapidement autour des mêmes schémas, et le côté arcade finit parfois par basculer dans l’excès pur et simple.
Quand tout rentre à trois points, le basket devient moins drôle
Le plus gros problème, à mes yeux, vient de l’équilibrage. NBA The Run assume son côté arcade, aucun souci là-dessus, mais il pousse parfois le curseur tellement loin que les matchs perdent en intérêt. Les tirs à trois points rentrent de distances hallucinantes, avec une facilité qui finit par casser le rythme. Quand tout le monde peut dégainer depuis le logo avec un taux de réussite absurde, on se retrouve parfois dans des rencontres où l’on court surtout après des shooteurs qui arrosent de très loin.
La défense, elle, manque de contrôle. On peut contrer, tenter d’intercepter, gêner l’adversaire, mais on n’a pas toujours l’impression d’avoir les outils suffisants pour vraiment peser sur l’action. Le résultat, c’est que certaines séquences deviennent frustrantes : on voit venir le tir, on essaie de réagir, mais le jeu donne souvent l’impression que l’attaque a plusieurs mètres d’avance sur la défense. Dans un jeu arcade, l’exagération est attendue. Mais il faut quand même garder un minimum de tension, sinon chaque match finit par ressembler à un concours de tirs débiles.
Autre vraie limite : l’absence de mode solo digne de ce nom. NBA The Run mise tout sur le online, avec des tournois en 3v3, jouables en solo avec matchmaking ou en équipe. Sur le papier, ça colle à l’idée d’un jeu communautaire, rapide, nerveux, pensé pour enchaîner les parties. Dans les faits, c’est quand même très dommage. Déjà parce qu’au début, on aurait aimé pouvoir apprendre tranquillement, tester les joueurs, s’habituer au rythme, comprendre les différences entre les profils. Et surtout parce qu’un jeu uniquement en ligne pose toujours la même question : que se passera-t-il quand l’effet lancement sera passé ? Si la communauté ne suit pas, il faudra batailler avec six pélos connectés un mardi soir pour réussir à jouer dans de bonnes conditions.
NBA The Run n’est pas un mauvais jeu, loin de là. Il a du style, de l’énergie, une vraie envie de faire revivre le basket arcade et quelques très bonnes sensations immédiates. Mais il donne aussi l’impression d’un projet un peu trop léger, presque incomplet, comme s’il avait eu la licence, les stars et l’idée, sans totalement réussir à construire autour une expérience solide sur la durée. Pour quelques parties entre fans de basket, il peut clairement faire le job. Pour remplacer dans nos cœurs les grands souvenirs de NBA Street, il va falloir muscler un peu plus le jeu. Et peut-être aussi offrir quelques séances de kiné aux animations.
