Je ne vais pas vous mentir… Screamer, je l’ai abordé avec un mélange de curiosité et de méfiance. Un jeu de course qui promet du drama, des personnages torturés et des affrontements explosifs ? Sur le papier, ça sent autant la claque que la surenchère un peu creuse. Et pourtant, j’ai rapidement compris que j’allais devoir revoir mon jugement.
Une course… mais pas vraiment innocente
Dès les premières minutes, Screamer annonce la couleur : il ne veut pas être “juste” un jeu de course. Vous participez ici à un tournoi mystérieux, peuplé d’équipes aux motivations parfois très personnelles. Vengeance, quête de vérité, ambitions dévorantes… tout s’entremêle dans une narration étonnamment présente pour le genre.
Les cinématiques animées — plus de 30 minutes au total — apportent une vraie consistance à l’ensemble, et certaines séquences parviennent même à instaurer une tension inattendue. Le récit se dévoile progressivement, à travers différents points de vue, ce qui donne envie de continuer, course après course, pour comprendre ce qui se trame réellement derrière ce tournoi.
Conduire, frapper… dominer la route
Mais bien sûr, le cœur de Screamer reste la conduite. Et sur ce point, le jeu propose une approche assez originale. Le système twin-stick, qui consiste à diriger avec un stick et drifter avec l’autre, demande un petit temps d’adaptation. Une fois maîtrisé, il offre cependant des sensations très nerveuses et précises.
La vraie bonne idée vient du système ECHO, qui ajoute une dimension stratégique aux courses. En accumulant des ressources pendant la course, vous pouvez déclencher des boosts, des boucliers, ou encore des attaques capables de faire exploser vos adversaires. Oui, littéralement. Chaque affrontement devient alors un jeu de timing et de prise de risque, où il faut savoir quand attaquer… et quand se protéger.
Ce mélange entre vitesse pure et affrontement direct donne une identité forte au gameplay, qui se démarque clairement des productions plus classiques du genre.
Visuellement, Screamer assume pleinement son inspiration anime et cyberpunk. Personnages stylisés, interface marquée, ambiance néon… le jeu affiche une vraie personnalité. Les environnements, eux, restent plus classiques — ville futuriste, désert, forêt — mais ils remplissent efficacement leur rôle en soutenant le rythme sans le ralentir.
Faut-il se laisser tenter ?
Screamer n’est pas un jeu parfait. Son approche peut dérouter au départ, certaines mécaniques demandent un vrai temps d’adaptation, et son orientation narrative ne plaira pas à tout le monde.
Mais si vous acceptez de vous investir, il propose une expérience singulière, qui mêle vitesse, tension et mise en scène avec une certaine audace. Un jeu qui ne se contente pas de vous faire courir… mais qui cherche aussi à vous accrocher, autrement.
Et ça, dans le monde du jeu de course, c’est déjà beaucoup.
